Le Slamming et les noms de domaines .

Source : Afnic

Le slamming peut être défini comme une pratique illicite visant à tromper des clients
afin de leur vendre des services non sollicités. Le slamming s’entend ici dans l’univers
des noms de domaine, bien que ce genre de pratiques existe naturellement ailleurs
et notamment dans le monde des télécommunications. La plupart du temps, les
entités se livrant à cette activité utilisent les bases Whois des registres pour contacter
leurs victimes.

Nous avons identifi é à ce jour trois grandes familles de slamming, mais cette liste ne peut pas être
considérée comme étant exhaustive dans la mesure où elle dépend de l’imagination des auteurs
de ces pratiques illicites

1-La fausse facture de renouvellement

Cette variété de slamming consiste à envoyer au titulaire d’un nom de domaine un « Avis
d’expiration » de ce nom de domaine, le document se présentant comme une facture de
renouvellement.
Un client peu familiarisé avec les procédures de gestion des noms de domaine et avec la
terminologie employée pourra de bonne foi considérer qu’il doit honorer cette « facture »
pour renouveler son nom de domaine. En réalité, il signera une demande de transfert de
son nom vers l’émetteur de « l’Avis d’expiration », c’est-à-dire vers un prestataire qu’il ne
connaît pas.
Les retours que nous avons eu de victimes de cette pratique indiquent que le nouveau
prestataire ne répond généralement pas aux sollicitations dont il est ensuite l’objet.
Les divers procès intentés contre les auteurs de cette pratique illicite ne paraissent pas les
avoir encore contraints à cesser leurs activités.

2- La pression psychologique


Cette variante du slamming consiste pour un prestataire à prendre contact avec une entreprise
en lui indiquant « qu’un de ses clients » lui a demandé de déposer un ou plusieurs noms de
domaine identiques ou proches du nom de l’entreprise ou de ses marques.
Le prestataire propose alors à l’entreprise de déposer ces noms pour elle afi n de les protéger
contre les intentions visiblement illicites de son « client ».
La démarche est généralement présentée comme découlant d’un souci éthique de protéger
l’entreprise ciblée contre les abus de tiers. Quoique fondée dans l’absolu, cette démarche
peut pourtant être considérée comme illicite par le caractère systématique du démarchage
téléphonique réalisé par ces types de slammers, les tarifs exceptionnellement élevés pratiqués,
ainsi que la création d’une pression psychologique forte renforcée par la nécessité de prendre
une décision en quelques minutes.
On peut diffi cilement croire que les candidats au cybersquatting concentrent leurs tentatives
de dépôt chez quelques prestataires peu connus du grand public. L’existence même de ces
prétendus « clients » voulant déposer des noms de domaine correspondant à des marques
ne peut être établie avec certitude.
Là encore, nous n’avons pas eu connaissance d’actions juridiques ayant contraint ce type
d’acteurs à cesser leurs activités. Les victimes sont vulnérables en ce que pris isolément,
chaque cas peut être considéré comme relativement licite. C’est le caractère systématique et
« industriel » de la pratique qui peut démontrer l’intention frauduleuse.

3- Le faux « registre »

Une troisième variante identifi ée consiste pour le slammer à contacter des entreprises ou
organismes français présents sur l’internet, en leur laissant entendre qu’ils doivent s’inscrire
dans l’annuaire réalisé par le slammer.
Le texte laisse planer un doute sur le caractère obligatoire de ce « référencement » mais
les victimes ayant signé la proposition reçoivent un véritable annuaire accompagné d’une
facture de plusieurs centaines d’euros – un montant très excessif si l’on considère la
diffusion « confi dentielle » de l’annuaire.
La tromperie résiderait ici dans l’utilisation de référentiels visuels et textuels associés à des
acteurs légitimes du marché des annuaires et/ou de l’internet en France, pouvant induire
en erreur les personnes peu familiarisées avec ces acteurs ou faisant preuve de crédulité à
l’égard de documents « semi-offi ciels ».
Cette pratique existe déjà depuis assez longtemps dans le monde des marques, des sociétés
étrangères proposant de « fi naliser » l’enregistrement international de leur marque à des
déposants récents. Si les grandes structures et les professionnels sont bien armés contre ce
genre de pratiques, les PME peuvent en être assez facilement victimes.





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